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    November 21

    Espaces insécables – Sylvie Lainé

    Espaces insécablesSylvie Lainé (ActuSF)

    C’est avec grand plaisir que j’ai lu ce second recueil de nouvelles de Sylvie Lainé. Le premier recueil (Le Miroir aux éperluettes) m’avait laissé un gout de trop peu, me laissant sur ma faim. Je m’étais demandé quand est-ce qu'un autre recueil verrait le jour. Voilà qu’ActuSF exhausse mon vœu.

    Bien que n’étant pas un grand fan des nouvelles (qui pour moi sont toujours trop courtes), j’ai découvert un style à la fois fluide et poétique, une science-fiction davantage axée sur les relations (humaines et extraterrestres) que sur la science elle-même. Sylvie Lainé à le chic pour mettre ces personnages dans un contexte qui ne dépayse pas le lecteur, mais qui le surprendra dans ses relations entre ses personnages. Je n’ai pas trouvé un texte aussi marquant que La Bulle d’Euze du recueil précédent. Mais les six textes qui sont réunis dans Espaces insécables sont une continuation du recueil précédent.

    - Carte blanche m’a particulièrement plu car la vie à bord d’une grande arche est régie par le hasard et par les cartes. Les habitants de l’arche sont obligés d’avoir d’autres partenaires, ce qui est un prétexte à de nouvelles rencontres que Sylvie Lainé nous détail parfaitement.

    - Le chemin de la rencontre est presque la suite de la nouvelle précédente dans laquelle un des personnages découvre des méduses qui parlent en dégageant des odeurs.

    - Partenaires est encore une de ces rencontre où des humains sont confrontés à un ordinateur un peu trop imaginatif. Cela bascule entre hilarant et dramatique.

    - La passe-plaisir se focalise sur des voyageurs temporels issus d’époques différentes qui décident de partir ensemble vers le futur.

    - Définissez ; priorités parle de télépathie et de mission spatiale en préparation pour un autre système solaire.

    - Subversion 2.0 est certainement la nouvelle que je préfère dans ce recueil. Que ferait notre clone si on lui apprenait qu’il n’a plus qu’une semaine à vivre ? C’est à la fois cocasse et mélancolique. Ça mériterait un court roman.

    Dans l’ensemble Espaces insécables est bien équilibré et ravira ceux qui ont aimé le premier recueil. On peut regretter que ce soit trop court, qu’un livre de 300 ou 400 pages nous aurait parfaitement convenu. Mais ne gâchons pas notre plaisir. Grâce à ActuSF ont peut découvrir (ou redécouvrir) des perles qui méritent d’être éditées. Je n'ai qu'une seule question à poser : à quand le 3ème recueil de nouvelles  de Sylvie Lainé ?

    http://www.actusf.com/les3souhaits/

    November 11

    Plaies d'honneur - David Weber


    Plaies d'honneur Tome 1 & 2
    - David Weber (L'Atalante)

    Trop long, trop de personnages et trop lent. Voilà ce que je reprocherai à ce dixième opus de Honor Harrington. Bien que j’adore ce cycle, je dois constater que David Weber n’a pas pensé à ses lecteurs en écrivant ce livre. Il aurait pu faire 300 pages de moins sans nuire à l’histoire. Non, malheureusement il faut lire 1100 pages pour se rendre compte que c’est reparti pour un tour.

    Depuis l’attentat contre le précédent gouvernement Manticorien, cinq ans se sont écoulés et le nouveau gouvernement de Haute-Crète n’a pas cru bon maintenir les investissements militaires, tout comme il n'a pas signé de traité de paix avec Havre, et par la même occasion n'a pas restitué les système stellaires conquis. La FRM (flotte royale manticorienne) ne peut pas protéger convenablement tous les systèmes conquis depuis la dernière guerre. Mais pendant ces cinq années de trève la république a reconstruit sa flotte. Honor Harrington et Havre-Blanc sont dans l’opposition et constituent la vraie opposition contre le gouvernement de Haute-Crète. Mais Honor Harrington est envoyée en Silésie pour prendre le commandement de la base de Sidemore. Elle est aux commandes d'une flotte de vaisseaux qui ne sont pas de toute dernière génération. Heureusement une flotte Graysonienne constituée de bâtiments modernes accompagne sa flotte Manticorienne.On assiste à des échanges diplomatiques entre le gouvernements Manticorien qui est incompétent et le gouvernement Havrien qui veut la paix mais prépare la guerre si le traité de paix n'est pas signé rapidement. Un vrai paradoxe. Seul le Proctectur Benjamin Maihew semble rester lucide. Tandis que les relations entre Manticore et Grayson semblent se détériorer à cause de l'incompétence du gouvernement Haute-Crète, il n'a pas hésité à renforcer la flotte de son meilleur officier et à renforcer le détachement Manticorien qui protège le trou de ver de l'étoile de Trévor.

    Ce livre est moins guerrier que les précédents. David Weber s’est focalisé sur les différents protagonistes (en trop grand nombre) et nous fait suivre toutes leurs élucubrations et tergiversations jusqu’au point de non retour. On peut pratiquement dire qu’il ne se passe rien dans le premier des deux tomes, et que l’histoire ne démarre qu’après 200 pages dans le second tome. C’est beaucoup de temps perdu pour le lecteur. Les scènes de bataille sont bien présentes, mais elles sont coupées, comme si David Weber n’avait plus envie de nous les raconter jusqu’à leur dénouement. Souvent c’est au chapitre suivant  qu’on apprend que la bataille à été gagnée par un des adversaires.

    Après lecture de ce tome 10 beaucoup trop gros, on comprend que Manticore se retrouve à la case départ et que David Weber a placé ses personnages dans une situation qui permettrait d’écrire encore plusieurs livres. Mais apparemment, dans un futur proche, le lecteur devra se contenter que d’un onzième tome (pas encore traduit) et six livres de nouvelles se situant dans l’honorverse (l’univers de Honor Harrington). Reste à savoir si l'Atalante traduira et éditera aussi ces six livres.

    A lire absolument pour les inconditionnels d’Honor Harrington (dont je suis), mais ce n'est pas le meilleur livre du cycle. Tout au plus le plus épais. C’est plus une vraie épreuve qui met à rude épreuve la patience du lecteur. Je me demande parfois si ce livre n’a pas été écrit tout simplement pour vérifier la fidélité des fans de la série. Oui, je sais, j'en fais partie !

    November 01

    La forêt de Cristal - James Ballard

    La forêt de cristal - James Ballard (Denoël Lunes d'encre)

    La forêt de cristal ne m’a pas laissé un souvenir impérissable, et pourtant je viens de lire la réédition proposée par Denoël Lunes d’encre.  Je n’avais jamais lu Ballard auparavant. Les quatrièmes de couvertures de ses autres livres ne m’emballaient pas vraiment, au point de me demander si c’était vraiment de la science-fiction. Donc pour ne pas mourir idiot et au moins essayer un auteur dont beaucoup disent du bien (entre autre sur certains forums SF où les lecteurs semblent tous être tombés dans le chaudron Ballard), j’ai décidé de lire cette réédition qui bénéficie d’une retraduction.

    L’histoire se passe dans les années 50-60 en Afrique. Ma première réaction a été de faire un parallèle avec Tintin au Congo ou avec le film The african queen à cause de la première image que montre Ballard. Dans une Afrique post-coloniale, le docteur Edward Sanders arrive à Port Matarre et doit se rendre à Mont Royal pour s’occuper d’une léproserie et par extension retrouver sa maitresse qui est la femme de son collaborateur. Ballard crée une ambiance sombre et mystérieuse qui deviendra plus tard belle et dangereuse. C’est très bien écrit, le rythme est lent et l'atmosphère mélancolique, voir un peu envoutante.Il arrive très bien à nous plonger dans l’ambiance de ces vieux films d’aventure où le héros va simplement d’un endroit à un autre, mais à qui on devine parfaitement qu'il arrivera des choses.  Sanders dans son voyage est entourée d’une jolie journaliste qui ne le laisse pas insensible, d'un architecte un peu dérangé qui veut retrouver sa femme, d'un prêtre jésuite et d'un médecin militaire, sans parler d'hommes à la mine patibulaire qui sont prêts à tuer… mais pourquoi ? Les clichés du vieux film avec Humphrey Bogart sont pleinement utilisés par Ballard. Le docteur Sanders va devoir se rendre à Mont Royal par le fleuve car c’est impossible de s'y rendre par la route. Il va être confronté à cette forêt sombre le jour et lumineuse la nuit, dans laquelle la nature et les animaux et humains qui s’y attardent sont cristallisés.

    On se rend vite compte que Sanders est un médecin qui ne soigne pas mais dont le passe temps favori est de se ballader dans cette étrange forêt de cristal. Quand il arrive enfin à Port Royal, on devine qu’il est fasciné par cette forêt de cristal et que finalement toute l’intrigue de l’histoire ce résume à ça. En dehors du fait qu'on découvre que c'est une fuite temporelle qui est à l'origine du phénomène, l'aspect scientifique a complètement été gommé, tout comme aucune solution n'est donnée pour se débarrasser de celui-ci. On apprend que cette étrange forêt n'est pas la seule sur Terre. En fait Ballard a préféré se focaliser sur la psychologie de ses personnages et leur fascination pour une mort belle et froide plutôt que sur l'action. C'est ce manque d'action qui est à l'origine de mon ennui pendant la lecture du livre. Peut-être que ce livre aurait dû s'appeler L'appel de la forêt de cristal. Le titre aurait été plus judicieux.

    Non, je n’ai pas aimé ce livre. Non, je ne lirai pas d’autre Ballard (à moins qu'il écrive un livre de hard science, un space opera, un planet opera ou un thriller futuriste, mais je n'y crois pas). Je n’ai pas été émerveillé par l’auteur ni par l'histoire. Je ne suis pas tombé dans le chaudron qui transforme les lecteurs en clones qui adorent Ballard comme c'est le ces sur certains forums. Mais au moins ai-je essayé de lire un de ses livres. Je pense que le sillon SF dans lequel j'ai découvert et aimé celle-ci m'a marqué plus profondément que prévu. A l'époque de ce livre, je lisais Heinlein, Herbert, Asimov, Vance, Clarke ou Silverberg.

    Ceci dit, indépendamment de mes gouts personnels en SF, je dois reconnaitre que ce livre est bien écrit et plaira certainement à des lecteurs plus en phase avec le genre de Ballard (transfiction, new wave). Malheureusement ce n’est pas mon cas. Désolé.