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February 28 Pandore abusée - L'étoile de Pandore T.1 - Peter F. Hamilton (Milady)Commencer la lecture d’un livre de Peter F. Hamilton est toujours un plaisir pour moi. Depuis que j’ai lu L’aube de la nuit, l’auteur est devenu un de mes préférés. Dragon déchu n’a fait que confirmer ma préférence pour cet auteur dont je suis devenu un inconditionnel. Donc il ne faut pas s’attendre à de l’objectivité de ma part concernant ce nouveau cycle. Pandore abusée est le premier tome du cycle L’étoile de Pandore. Cycle qui contient quatre volumes qui ont précédemment été édités en grand format chez Bragelonne et qui sont réédités chez Milady. Il s’agit d’un space opera comme seul Hamilton sait en faire, c'est-à-dire à la fois grandiose et cohérent, avec une ribambelle de personnages et bon nombre d’intrigues secondaires. Certaines se recoupent, d’autres laissent supposer qu’elles trouveront une suite dans les trois autres volumes du cycle. Ce premier tome nous plonge dans un univers propre à l’auteur, presque similaire à ceux de ses autres livres. Même si ce n’est pas celui de L’aube de la nuit ou celui de Dragon déchu, il y a un certain air de famille indéniable et le lecteur habitué à lire Hamilton s’y retrouve très vite. Pandore abusée se situe au vingt-quatrième siècle. L’humanité a colonisé quelques six cents mondes, qui forment le Commonwealth solaire. Elle utilise des portails de transfert qui ne nécessite pas l’utilisation de vaisseaux. Un jour un astronome découvre un phénomène bizarre. Une étoile disparait subitement à un millier d’années lumière de distance. Elle est emprisonnée dans un gigantesque champ de force qui la rend invisible à l’extérieur de son système solaire. Le Commonwealth intrigué par cette énigme décide d’envoyer une équipe scientifique. Mais pour cela il faut d’abord créer un vaisseau qui navigue plus vite que la lumière et qui peut générer des trous de vers. Si la majorité de l’humanité est favorable à cette mission, il y a des terroristes qui ne voient pas d’un bon œil sa construction et qui pensent que l’Arpenteur des étoiles est derrière tout cela. Ils font donc tout pour détruire le vaisseau en cours de construction. A ce stade-ci de l'histoire je me suis demandé ce que pouvait bien être cet Arpenteur des étoiles dont on parle souvent dans le livre, mais que jamais personne n’a vu de près ou de loin. Une sorte d’arlésienne cosmique accusée de tous les maux de l’humanité, qui ne joue encore aucun rôle. Mais on le sait très bien, chez Hamilton les personnages font parfois leur apparition très loin dans l’histoire, et je ne doute pas que le mystère qui règne autour de l’Arpenteur des étoiles sera dévoilé dans les tomes suivants. L’humanité arrive enfin à lancer son vaisseau qui se nomme Seconde chance. A partir de ce moment là, nous sommes au deux tiers du livre et les choses commencent vraiment à s’accélérer. Seconde chance parcourt rapidement les mille années lumière qui séparent le Commonwealth de ce mystérieux système solaire qui cache une étoile. Et voilà que arrivé à proximité, les scientifiques découvrent une gigantesque sphère de Dyson qui abrite l’étoile. L’histoire est soudain lancée, mais nous sommes presque à la fin de ce premier tome. Nous sommes dans les cent dernières pages pour être exact. Et là on retrouve le Peter F. Hamilton de l’aube de la nuit. Un mystère est sur le point d’être élucidé tandis que d’autres font leur apparition lorsque la sphère s’efface et permet au vaisseau de pénétrer dans le système solaire. C’est pour moi de l’excellent Peter F. Hamilton, mais si je dois
émettre quelques critiques concernant ce livre, elles concernent certaines longueurs. Par
exemple décrire tous les clans des terroristes est inutile. Nous faire vivre du vol à voile
pendant un nombre incalculable de pages l'est tout autant. Ou nous faire suivre un procès qui n’a aucun impact sur l’énigme à résoudre n'a pas non plus son sens. Il
y a aussi le fait qu’il y a trop de personnages et qu’il est difficile de savoir lesquels seront récurrents dans les tomes suivants. Ce
sont des défauts souvent rencontrés dans les livres de Peter F. Hamilton, mais c’est
aussi ça qui fait son originalité. Personnellement j'adore, et je trouverais anormal de lire un de ces livres qui ferait moins de cinq cents pages. Je ne peux que conseiller la lecture de ce cycle à tout
amateur de space opera. Peter F. Hamilton est un grand du NSO.Ce serait vraiment dommage de s’en priver ! February 23 Seigneur de lumière - Roger Zelazny (Denoël Lunes d'encre)Prix Hugo en 1968, « Seigneur de lumière » vient d’être réédité en omnibus chez Denoël Lunes d’encre. Il est accompagné de « Royaume d’ombre et de lumière » et « L’œil du chat ». Plus connu pour son cycle des neufs princes d’Ambre (10 tomes), Zelazny nous propose ici un roman qui fait référence au panthéon hindou. L’histoire se passe dans le futur sur un monde habité par des humains originaires de la Terre. Il y a les dieux qui disposent d’une technologie qui passe pour être de la magie auprès du peuple. Ils se battent entre eux afin d’avoir le pouvoir. Les uns veulent faire évoluer la civilisation tandis que les autres veulent la maintenir dans l’ignorance. On découvre ainsi que l’invention de la presse à plusieurs fois été effacée de telle manière que la connaissance ne soit pas partagée. Ces soi-disant dieux se nomment Siddhartha, Ratri, Shiva, Vishnou, etc. Leur immortalité tient au fait qu’ils peuvent changer d’enveloppe corporelle et ainsi se réincarner au fil des siècles. Parfois ils ont l’apparence d’homme, parfois l’apparence de femme. Ils maintiennent le monde dans l’obscurantisme jusqu’à ce que l’un d’entre eux se révolte et décide de changer le cours des évènements. Mais pour cela il doit s’emparer du « ciel », la cité dans laquelle vivent les dieux. Zelazny ne se perd pas en descriptions technologiques (char volant, baguette enchantée). Il nous narre l’histoire sur un ton vif et tranchant, avec des dialogues acérés. Il ne s’apesantit pas sur le bouddhisme, mais seulement sur les acteurs de la mythologie hindoue. Le livre oscille entre fantasy et science-fiction sans jamais basculer définitivement vers un des deux genres. Les 330 pages de ce roman sont rapidement lues, sans qu’on ne s’en rende vraiment compte. Je ne connaissais Zelazny qu’à travers le cycle d’Ambre que j’avais lu il y a très longtemps. Si j’ai bien retrouvé le style caractéristique de l’auteur, l’histoire ne m’a pas vraiment emballée. Zelazny a voulu se surpasser en proposant une histoire relativement simple enrobée de mythologie hindoue. Il n’a réussi qu’à rendre plus difficile la mémorisation des noms cités dans le livre. C’est un peu dommage. En lisant ce livre on pourrait penser qu’il a été écrit pour les hippies amateurs de science-fiction qui partaient en pèlerinages à Katmandu dans les années 60. Aujourd’hui ce n’est plus le même public et ce livre a très mal vieilli. A choisir, autant lire le cycle d’Ambre qui est de loin supérieur (surtout les cinq premiers tomes), dans lequel le lecteur retrouvera un univers qui peut encore être développé aujourd’hui (voir la trilogie de John Gregory Betancourt). Bien que je n’ai pas été convaincu par ce livre, c’est une bonne chose que de l’avoir réédité. Espérons qu’il trouve encore un public à notre époque. J’aurais trouvé plus judicieux de sortir le cycle d’Ambre en Omnibus. Heureusement, l’omnibus comprend aussi « Royaume d’ombre et de lumière » et « L’œil de chat ». Seigneurs de lumière, Roger Zelazny, Denoël Lunes d’encre, 817 pages, Traduit par Claude Saunier, révisé par Thomas Day) L'empire caché - Kevin J. Anderson (Bragelonne)Après avoir apporté sa contribution à l’univers de Star Wars et collaboré avec Brian Herbert aux suites de Dune, Kevin J. Anderson nous propose son propre univers avec ce premier tome de la saga des sept soleils. L’empire caché est un space opera de facture classique qui nous décrit un avenir dans lequel les humains ont colonisé bon nombre de systèmes solaires grâce à l’aide des Ildirans qui leur ont donné la technologie du moteur interstellaire. La Terre a essaimé à travers le bras spiralé de la galaxie, et la Hanse (ligue hanséatique terrienne) a été créée. Certaines colonies se sont définitivement séparées de la Terre pour former une nouvelle civilisation. Les vagabonds exploitent des stations d’écopage et revendent l’ekti (le carburant des vaisseaux) à l’ensemble des systèmes de la Hanse. Théroc, civilisation devenue indépendante de la Terre, fournit des prêtres verts qui peuvent communiquer par télépathie. Par téliens, les messages sont envoyés beaucoup plus rapidement que ce que permet la technologie. De son côté, l’empire Ildiran qui occupe le bras spiralé est sur le déclin et continue de se replier sur lui-même plutôt que de s’étendre à travers la galaxie. La curiosité des humains pousse ceux-ci à rechercher des vestiges et à découvrir une civilisation depuis longtemps disparues, les Klikiss. Puis à utiliser une de leurs technologies qui permet de créer des petits soleils à partir de lunes. Aux yeux des Ildirans, cela parait insensé car la galaxie regorge de systèmes solaires inexploités qui permettraient à la civilisation humaine de s’étendre. Mais les humains veulent leur montrer qu’ils sont capables de maitriser une technologie telle que celle du flambeau klikiss qui crée des soleils. C’est à ce moment que de mystérieux vaisseaux sphériques font leur apparition et détruisent plusieurs stations d’écopage. La civilisation humaine est soudain inquiétée par ces mystérieux vaisseaux tandis que l’empire Ildiran se prépare à faire face à un ennemi depuis longtemps disparu. L’utilisation du flambeau klikiss a été perçu comme un acte hostile par les Hydrogues ressurgis d’un lointain passé. Les humains espèrent trouver un moyen de contrer les Hydrogues en s’intéressant à des robots klikiss qui ont été réanimés. Mais que sait-on sur ces robots ? Que sont-ils capables de faire ? C’est encore trop tôt pour le dire. Mais les six livres suivants devraient nous le révéler. Kevin J. Anderson a opté pour des chapitres courts qui n’excèdent pas deux à cinq pages. C’est très déroutant car à peine s’intéresse-t-on à un personnage que déjà on doit le délaisser pour un autre. Si la technique a fonctionné pour Frank Herbert dans Dune, il n’en est pas de même pour Kevin J. Anderson dont les personnages manquent singulièrement de relief. On n’a pas l’occasion de se focaliser sur eux et on doit se contenter de suivre l’action au demeurant très lente. L’empire caché n’apporte rien de nouveau en space opera. Chez le même éditeur, Peter F. Hamilton fait preuve de plus d’originalité. Mais cela reste de la bonne science-fiction. La saga des sept soleils comprend sept tomes plus une bande dessinée (Veiled Alliances). Ce premier tome n’est que l’introduction à un univers beaucoup plus riche. C’est certainement un space opera à découvrir. Kevin J. Anderson, L’empire caché (La saga des sept soleils, tome 1), traduction Laurent Genefort, 551 pages, Bragelonne February 09 Phénix Mag Récemment Marc Bailly m'a invité à rejoindre l'équipe de Phénix Mag, ce qui me fait grandement plaisir. On retrouvera donc certaines chroniques sur Phenix Mag. Trames de Iain M. Banks devrait être la première. ![]() Trames - Iain M. Banks (Laffont Ailleurs & Demains)Un nouveau livre de Iain M. Banks est toujours un évènement, surtout si celui-ci fait partie du cycle Culture. Trames vient s’ajouter aux six précédents livres du cycle et peut être considéré comme un des meilleurs. L’histoire se passe sur Sursamen, un monde gigogne construit il y a plusieurs milliards d’années par les Involucra, une race qui a depuis longtemps disparu. Sursamen est un monde composé de différents niveaux, qui possèdent chacun leur propre soleil artificiel. Sur lesquels vivent des races dont l’atmosphère peut être liquide ou gazeuse. Ces différents niveaux sont reliés entre eux par de gigantesques tours qui abritent des puits permettant le passage d’un niveau à un autre. On apprend que 4000 mondes gigognes ont été créés autour de la galaxie et qu’il n’en reste plus que 1200. Les autres ayant été détruits par les Ilns. La Culture semble toute petite par rapport à la civilisation galactique qui a créé ces mondes gigognes dans un lointain passé. Le huitième niveau de Sursamen est occupé par les Sarles et les Deldeines, peuples humanoïdes qui se font la guerre avec des armes primitives. L’épée est l’arme classique et le revolver vient de faire son apparition. Derrière ces races se cachent des races mentors qui pour arriver à leur fin influencent délibérément les races inférieures. Au moment où l’histoire commence, nous suivons Ferbin,
un des trois enfants du roi Hausk, qui après avoir évité la mort s’est
réfugié dans une maison non loin du champ de bataille. Mais Ferbin qui n’a pas révélé sa
présence va assister au meurtre de son père. Tyl Loesp le tue et
fait passer sa mort pour une conséquence logique de la bataille qui
s’est terminée en faveur des Sarles. L'homme veut régner sur le
niveau 8 et sur d’autres, et pour cela il a besoin de tuer les
héritiers du roi Hausk, c’est-à-dire Ferbin, son frère Cadet Oramen et
leur sœur Djan Seriy Anaplian. Ferbin, qui est majeur, peut prendre la
place de son père sur le trône, mais plutôt que de revenir au palais où
il est certain de se faire tuer, il préfère fuir en compagnie de son
fidèle compagnon Choubris Holse. Son but est de retrouver un ancien ami
de son père qui fait partie de Circonstance Spéciale, avec l’espoir que ce dernier l’aidera à chasser le tyran du
pouvoir. Oramen, le second fils du roi, ignore que son père à été tué par Tyl Loesp, et il ne voit en ce dernier que le régent qui assure la transition tant qu’il n’a pas atteint l’âge requis pour régner. En attendant Oramen se consacre à l’exploration de la cité sans nom. Il exhume un sarcophage vieux de plusieurs millions d’années vers lequel tous les regards de Sursamen se retournent. Surtout ceux des Octes (les mentors des Sarles) qui pensent que le sarcophage contient un Involucra. Comme ils se croient les dignes descendants de ceux-ci, ils estiment que le sarcophage leur revient. Et c’est toute une flotte de vaisseaux Octes qui vient se mettre en orbite autour de Sursamen. Et puis il y a Djan Seriy Anaplian, la sœur, qui a quitté les Sarles depuis une quinzaine d’années, et qui entretemps est devenue un agent de la Culture et de Circonstances Spéciale en particulier. Quand elle a entendu que son père était mort, elle n’a eu qu’une envie, revenir sur Sursamen pour honorer sa mémoire. Trois vies, trois trames que le lecteur va suivre tout au long des pages. Dès les premières Iain Banks plonge le lecteur au cœur de l’action. On s’attend ensuite à ce que ce rythme soit soutenu, mais il n’en est rien. Banks a décidé de nous faire visiter la Culture en cinémascope et en Technicolor comme lui seul sait le faire. Que ce soit sur Sursamen le monde gigogne, sur un vaisseau de la Culture ou sur un monde-nid des Morthanveldes, Banks continue à nous surprendre par ses descriptions de civilisations ou de technologies. A partir de la découverte du sarcophage, l’histoire s’anime à nouveau et l’action prédomine jusqu’à la fin du livre. Puis elle se termine de manière inattendue, face à une menace qui met en danger Sursamen. Le livre contient un épilogue dans lequel on retrouve Choubris Holse longtemps après les événements du livre.Il nous laisse deviner le dénouement de l'histoire. L’image qu’on a de la Culture n’est plus tout à fait la même que celle qu’on avait auparavantt. Malgré son étendue et sa diversité, elle est en contact avec des civilisations aussi développées qu’elle, voire plus développées. On découvre que certaines races ont une race mentor qui elle-même a une autre race mentor, etc. A noter qu’il y a quelques personnages et lieux
originaux : un avatoïde avatar du mental d’un vaisseau de
la Culture, un drone qui s’est téléchargé dans un missile-couteau en
forme de vibromasseur, un Iln tueur de monde gigogne, des vaisseaux qui
ont des noms à coucher dehors et un nombre de personnages secondaires
tel qu’il vaut mieux ne pas les retenir (d’où l’intérêt de l’appendice
en fin de livre). On retrouve en fin de livre l’article « Quelques notes sur la Culture » écrit par Iain Banks qui était précédemment disponibles sur le Web en anglais. Trames est vraiment un excellent livre sur
la Culture. Iian M. Banks, Trames, Traduction : Patrick Dusoulier, 600 p., Robert Laffont |
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