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April 19 La vieille anglaise et le continent - Jeanne-A Debats (Griffe d'encre)C’est en me rendant à Trolls & Légendes que j’ai pu enfin rencontrer Jeanne-A Debats que je connais mieux sous le pseudonyme de Dracosolis. Après un grand nombre de discussions passionnées sur les forums SF et fantasy, j’étais contents de la retrouver à Mons. C’était aussi pour moi l’occasion de la lire à travers ses propres textes, en l’occurrence La vieille Anglaise et le continent édité chez Griffe d’encre. Par définition les livres qui parlent de la mer et de ce qui s’y trouve ne m’ont jamais emballé. Il y quelques exceptions, comme Aquatica de Corinne Guitteaud (que je venais de racheter à Trolls & Légendes justement après avoir longuement parlé avec Corinne qui était aussi présente). J’ai lu cette novella entre deux grosses briques SF. D’habitude ce sont les livres d’ActuSF qui jouent ce rôle. Pour une fois, c’est un livre édité par Griffe d’encre. La vieille anglaise s’appelle Lady Ann Kelvin, docteur, biologiste et écologiste qui arrive au terme de son existence. Un jour Marc Sénac lui propose de transféré son esprit dans celui d’un cachalot plutôt que dans celui d’un clone, ce qui prolongera légèrement son existence. Ann Kelvin saute sur cette opportunité, et la novella va nous raconter comment elle va prendre le contrôle de ce cétacé. Un chapitre sur deux est lui est consacré dans son corps de baleine mâle, tandis que l’autre chapitre est raconté à la première personne par Marc Sénac. Jeanne ne se contente pas de raconter une histoire de baleine. Elle nous décrit aussi ces cétacés d’un point de vue biologique et comportemental, dans un écosystème de plus en plus en danger. On apprend qu’il ne suffit pas de transposer un esprit dans un autre corps pour que ce dernier arrive à le maitriser, mais qu'il y a aussi une adaptation nécessaire à faire. Il y a des sens qui sont plus ou moins développés, voire absent chez l’un des deux (le sens de l’orientation par exemple), et qu’il y a l’inné et l’acquis qui sont totalement différents. Jeanne a manifestement étudié le sujet en profondeur
avant de l’écrire sur son ordinateur. La
disparition des cétacés est sous-jacente dans cette novella. On le remarque
avec la traque faite par les baleiniers ou les déchets toxiques que notre
civilisation dépose dans les océans. Sans complaisance, sans larmoiement, sans
moraliser le lecteur, Jeanne écrit dans un style fluide, parfois
amusé, parfois désabusé. Les personnages principaux sont attachants. Ann Kelvin
semble aigrie par une longue existence. On dirait un vieux dragon. J'espère qu'il n'y a pas de parallèle à faire avec son auteur ! La vieille anglaise a raflé plusieurs prix (le grand prix de l’imaginaire 2009 et le Julia Verlanger 2008). Ce n’est pas anodin car Jeanne connait très bien la science-fiction (je m’en suis rendu compte depuis longtemps dans nos discussions sur la toile). Il y a certaines choses qui m’ont échappées car la mer n’a jamais été ma tasse de thé. L’allusion à Susan Calvin m’a également échappé car j’ai lu le cycle de Fondation d’Isaac Asimov, et pas le cycle des robots. Mais dans l’ensemble, je dirai que la vieille anglaise et le continent est une novella qui se laisse lire et qui m’incite à être attentif aux prochains textes écrits par Jeanne-A Debats. La vieille Anglaise et le continent, Jeanne-A Debats, Griffe d'Encre, 2008, 77 pages April 17 NSO Le nouveau space opera - Gardner Dozois & Jonathan Strahan (Bragelonne)Le space opera a toujours été mon genre de prédilection en science-fiction. J’ai commencé avec Jack Williamson et E.E. doc Smith, puis j’ai continué avec Edmond Hamilton, Isaac Asimov, Poul Anderson en passant Peter F. Hamilton, Alastair Reynolds, Iain Banks, et surtout David Weber. Donc cette anthologie je l’attendais au tournant, en espérant qu’elle correspondait à mes aspirations. Cette anthologie est écrite par des valeurs sûres de la science-fiction comme Robert Reed, Greg Egan, Peter F. Hamilton, Alastair Reynolds, Stephen Baxter, Robert Silverberg, Gregory Benford, Walter Jon Williams, Nancy Kress et Dan Simmons. Des auteurs qui attirent le lecteur par la qualité de leurs textes. Mais ici nous sommes dans un format court qui varie de 10 à 50 pages et malgré tous leurs talents, tous ne sont pas nécessairement à l’aise avec le format imposé. Il y a des nouvelles qui mériteraient d’être développées sous la forme de roman, et d’autres qui paraissent un peu trop longues. Et puis il y a celle de vieux briscards qui arrivent encore à nous étonner agréablement. Mais pourquoi cette anthologie s’appelle t-elle NSO (Nouveau
space opera) ? Le space opéra a toujours existé. Au fil du temps il est devenu
plus complexe, plus technologique, avec des personnages souvent à la
psychologie compliquée. Ce n’est plus seulement de l’aventure, de la découverte
et de l’action. C’est aussi des histoires qui mettent en valeur des problèmes
de sociétés, des prises de conscience, des extrapolations à partir de
découvertes scientifiques, des conflits politiques et militaires, etc. Et c’est surtout des histoires de voyages dans l’espace.
L’espace est l’acteur omniprésent. Si celui-ci ne s'y trouve pas, le terme space opera est alors galvaudé. Il y a plus de différence entre un livre de fantasy de
Robert E. Howard et un autre de David Gemmell qu’entre un space opera de E.E. doc Smith et un autre de
David Weber. Et pourtant on ne dit pas Nouvelle fantasy ! Donc l’acronyme
NSO ne se justifie pas vraiment. J’invite plutôt le lecteur à aller lire « Du space opera au nouveau space opera », un article écrit par Jean-Claude Dunyach,
ou à lire l’article de Patrick S. Vast concernant le space opera sur le site de Phénix. Mais revenons à notre anthologie. Si l’idée de base de
Dozois & Strahan est excellente, la concrétisation de celle-ci ne correspond
pas tout à fait aux attentes du lecteur que je suis (oui, je sais, je suis très exigent en matière de space opera). On
trouve des nouvelles qui correspondent bien au genre, mais aussi des nouvelles
qui n’ont rien à voir avec celui-ci. Il s'agit de
textes qui englobent toute la science-fiction, et pas seulement le space opera.
Rien que pour cette confusion, l’anthologie devrait davantage s’appeler NSF pour
Nouvelle Science-Fiction. Bon, ce n’est pas vraiment dramatique. Mais quand on dit space opera, on pense à des histoires dans
lesquelles l’espace et le voyage dans l’espace ont une place prédominante. Plusieurs des textes présents nous montrent un
héros qui arrive sur une planète, et puis qui oublie complètement l’espace. C’est
un peu comme si on lisait des récits de marine au début desquels
le héros débarque à terre sans revenir au vaisseau qui l’a amené jusque là. Ça ne colle pas, et ça se sent à travers certaines nouvelles où les auteurs n'ont fait aucun effort. J’ai lu cette anthologie dans un ordre personnel. En
commençant par les auteurs que je connaissais, puis ceux que j’avais envie de
découvrir, et enfin ceux que je n’avais jamais lu auparavant.Sans entrer dans le détail de chaque nouvelle, j'en retiens les choses suivantes : - Les réfugiés de Gwyneth Jones, première nouvelle du
livre qui parvient même à ne pas parler d’espace. C'est le type même de la nouvelle qui n'a rien à voir avec le genre. - L’anneau de Verthandi de Iain McDonald est un vrai space opera démesuré, qui mériterait d’être approfondi à travers un roman. - Eclosion de Robert Reed nous ramène sur la coque du grand vaisseau (deux tomes parus chez Bragelonne). - Gloire de Greg Egan est assez original. Des scientifiques
qui explorent la galaxie, prennent l’apparence des êtres qu’ils vont rencontrer
dans d’autres civilisations. Ce n’est pas l’auteur que je préfère, et pourtant
cela se laisse lire. Seul le prétexte de mathématiques plus avancés ne semble pas convainquant. - Béni par un ange de Peter F. Hamilton nous raconte une rencontre avec un ange technologique. L’histoire se passe dans le même univers que celui de l’étoile de Pandore, donc dans le Commonwealth. J’adore Peter F. Hamilton, mais je le préfère dans des longs textes. - Les fleurs de Minla de Alastair Reynolds. Attention, excellente nouvelle ! Pour moi c’est la meilleure de cette anthologie. Merlin, un explorateur doit faire une halte forcée sur un monde qui va connaitre une grande catastrophe. Pour aider cette civilisation, il va lui révéler l’utilisation de l’atome. Mais après une période de stase dans son vaisseau, il va découvrir que cette civilisation est prête à s’entretuer plutôt que de gagner les étoiles. L’histoire se passe sur une vie entière, celle de Minla. La cinquantaine de pages a été dévorée d'une traite et cette histoire mériterait d’avoir une suite. - La reine des neiges de Mary Rosenblum nous entraine sur un
des satellites de notre système solaire. Un intermède entre deux grands auteurs. - Souvenance de Stephen Baxter est lié au cycle Xeelee de l’auteur et nous explique comment la Terre a été envahie par des extraterrestres puis s’est libérée de leur joug. - L’empereur et la Maula de Robert Silverberg est tout simplement les contes des mille et une nuits transposés dans l’espace. Dès les premières pages on devine le reste de l’histoire, mais ce vieux briscard de Robert Silverberg sait raconter de courtes histoires, format dans lequel il excelle. Et on se laisse piéger jusqu’à la fin de la nouvelle. - Un revers de fortune de Gregory Benford, vrai space opera technologique, dans lequel les protagonistes ont découvert un trou de vers qu’ils doivent maitriser. Mais un trou de vers peut se mordre la queue ! - L’art de la guerre de Nancy Kress. Mission de récupération d'artéfacts humains. Un peu trop militaire et pas assez captivant. Nancy Kress nous a habitués à beaucoup mieux que ça. - La muse de feu de Dan Simmons nous fait suivre une troupe de théâtre qui joue du Shakespeare et qui navigue à bord d’un vaisseau qui s’appelle la muse. Cette nouvelle est plus un prétexte pour nous parler de l’œuvre de Shakespeare qu’une vraie nouvelle de science-fiction. Même remarque que pour Nancy Kress. Dan Simmons peut mieux faire. Voilà une anthologie de science-fiction qui nous présente des textes récents et un panel de bons auteurs. Dans l’ensemble elle est bien structurée et se laisse lire. Je retiendrai principalement la nouvelle d’Alastair Reynolds qui vaut vraiment le détour. Je formulerai simplement deux reproches à l’égard de cette anthologie. Le premier c’est que le titre NSO n’est pas vraiment approprié à cause du choix des textes qui ne collent pas toujours avec le space opera. Et le second reproche qui me semble plus dérangeant, c’est que des auteurs comme Iain Banks ou David Weber sont absents de l’anthologie. Oublier David Weber, c’est comme oublier E.E. doc Smith à l’âge d’or de la science-fiction dans une anthologie dédiée au space opera. Dozois & Strahan n’ont pas été assez restrictifs dans leur choix et ont oublier des incontournables du space opera. En dehors de ces deux reproches, qui disparaissent si on ne se focalise pas sur le titre NSO, c’est un excellent panorama de la science-fiction actuelle. En tout cas c'est une excellente initiative de la part de Bragelonne, même si éditer une anthologie de nouvelles est plus risqué. Je conseille cette anthologie à tous ceux qui veulent lire ou découvrir quelques grand noms de la science-fiction actuelle. Le dépaysement est assuré. Je me demande maintenant si le même genre d’initiative pourrait se reproduire avec des auteurs francophones ! April 16 Star Trek 11Voilà un film que j'attendais depuis des années. D'abord parce que je suis un inconditionnel de Star Trek, ensuite parce que les vrais films de science-fiction se font trop rares sur les grands écrans. Ce Star Trek que j'attendais au tournant a été une grande surprise. Je me demandais qui pouvait bien relever le défi de ressusciter les personnages de Kirk, Spock et McCoy (et aussi de Uhura, Scotty, Chekov et Sulu). Et bien J.J. Abrams s'est lancé dans l'aventure pour le plus grand bonheur des fans (et de moi en particulier). J'ai vu l'avant-première du film au BIFFF.
Deux des acteurs du films étaient présents (ceux interprétant les rôles de McCoy
et Sulu). La sécurité au BIFFF était plus contraignante que d'habitude. Les
appareils photos et GSM étaient interdits dans la salle et devaient donc être
remis aux préposés avant de pouvoir gagner la salle de cinéma. C’est légitime
puisqu’il s’agit d’une grosse machine en avant-première. Star Trek est un film remplit de scènes
d'actions. Il n'y a presque pas de temps morts. L'histoire commence avec le
père de Kirk qui pendant douze minutes commande un vaisseau qui fait face à un
ennemi bien supérieur. La scène à pour seul but de nous faire découvrir dans quelles
circonstances est né James T. Kirk. On suivra Kirk et Spock pendant leur
adolescence, tandis qu'on découvrira McCoy lorsqu'il rentrera a Starfleet en
compagnie de Kirk. On fait ainsi la connaissance des personnages bien connus de
la série classique. Les différents entre Spock et Kirk sont tellement grands
qu'on se demande comment ces deux personnages vont devenir les meilleurs amis
dans le futur. Et c'est à des confrontations qu'on assiste le plus souvent. De
plus Spock est Lieutenant alors que Kirk est cadet qui doit devenir lieutenant
puis capitaine. Situation très bizarre qui heureusement ne le restera pas. On
découvre enfin comment Kirk a déjoué le test du Kobayashi Maru que Spock a
conçu. On apprend aussi pourquoi McCoy est surnommé « Bones ». En
fait le film complète parfaitement les dix films précédents, sans faillir à la
tradition. Sans révéler l'histoire qui se laisse
regarder, on constate rapidement que nous ne sommes pas dans la ligne
de temps traditionnelle de Star Trek. J.J. Abrams est parvenu à moderniser la série,
mais a aussi changer le cours des évènements. Pour ne pas heurter la
sensibilité des fans, il opte pour une ligne de temps qui sera modifiée dans le
passé. Ce qui fait qu'on voit à la fois le Spock qu'on connait depuis quatre décennies
(Léonard Nimoy) et le Spock de ce nouveau film. En prenant cette liberté, J.J.
Abrams ouvre une voie qui permet de relancer la série. Le film est tourné sur un ton vif et moderne,
avec des scènes époustouflantes. L'Enterprise à été entièrement relooké mais
reste reconnaissable. On retrouve enfin les pyjamas bleu, jaune et rouge, qui
manquaient aux fans. Finalement je trouve ce film excellent. Il
relance la franchise Star Trek. On peut imaginer qu'un ou deux films viendront
compléter celui-ci. Et on retrouvera certainement les mêmes acteurs dans les
mêmes rôles. Un film divertissant, pour amateur de Star Trek, mais aussi pour
tous ceux qui veulent voir un bon film de science-fiction. Mais alors, n'y a
t-il aucun défaut ? Si, il en a. Il ne laisse pas de temps au spectateur pour
souffler. Et le mauvais de l'histoire a approximativement le même but que le
mauvais dans Genesis. J'aurais aimé que la novellisation du film soit
disponible au moment de cette avant-première. Mais c'est peut-être trop
demander car la sortie officielle du film n'a lieu que trois semaines plus tard,
et le livre sera bien disponible à ce moment là. Je dirai donc : « Si vous aimez Star Trek, allez le voir et vous ne le regretterez pas ». Pour les autres, je dirai « C'est un excellent film de science-fiction ». A coup sûr, j'irai revoir ce film en salle et j'attendrai avec impatience le DVD de ce onzième opus. Excellent, il n'y a pas d'autre mot. Star Trek 11, 2009, Réalisé par J.J. Abrams, Acteurs :
Chris Pine (James T. Kirk), Zachary Quinto (Spock), Karl Urban (McCoy),
Léonard Nimoy (Spock) April 02 Interview de Laurent Genefort pour Phénix Mag Lors de la foire du livre de Bruxelles, Bragelonne était présent par l'intermédiaire de Laurent Genefort et Adriana Lorusso. Pour Phénix Mag j'ai fait l'interview de Laurent Genefort qui était là en temps que directeur de la collection Trésors de la SF chez Bragelonne, mais aussi en temps qu'auteur de science-fiction et de fantasy. Il n'y avait pas vraiment de lieu adéquat pour faire cette interview, mais après quelques péripéties elle a pu se faire. Laurent Genefort s'est gentiment prêté au jeu des questions et réponses, et je l'en remercie beaucoup. On trouvera donc cette interview sur le lien suivant : Phénix Mag. ![]() April 01 Baroudeur - Jack Vance (ActuSF)C’est toujours un plaisir de retrouver un livre de Jack Vance, même si il s’agit d’une réédition. ActuSF vient de sortir Baroudeur, un livre qui reprend cinq nouvelles qui sont sorties en 1951 et 1961. Dans un format pratique et très démocratique, ActuSF continue d’éditer régulièrement des perles de la SF. Les nouveaux lecteurs découvriront des nouvelles qui peuvent toujours se lire aujourd’hui, tandis que les anciens retrouveront des nouvelles qui étaient disséminées dans d’autres recueils. Jack Vance est un conteur né, un créateur d’univers incomparable, qui décrit les civilisations ou d’autres peuples comme peu d’auteurs savent le faire. A partir d’histoires dont la trame est relativement simple, il crée des mondes ou le lecteur devient à la fois explorateur et ethnologue. Ce recueil de nouvelles aurait pu s’appeler « Papillon de lune » qui est aussi le titre de la principale nouvelle. Mais ce titre a déjà été utilisé par Pocket dans sa collection « le livre d’or ». Heureusement cela ne gâche pas le plaisir de retrouver Vance à travers ces cinq nouvelles. - La princesse enchantée : et si une invention permettait
de filmer les images qui se déroulent au fond des yeux des aveugles ? A
partir de cette idée, Vance tisse une nouvelle qui oscille entre policier et
fantastique. Une intrigue qui se passe dans un hopital et qui nous parle de film, d'une belle aveugle et de docteur peu scrupuleux. Nouvelle très sympa malgré son démarrage un peu lent. - Personnes déplacées : adopte un format particulier. Sous forme d’éditorial, d’extrait de discours, de lettre, Vance nous conte la découverte de troglodytes qui font leur apparition à la surface de la Terre. Au début il s’agit d’une découverte scientifique et ethnologique. Les troglodytes ne sont pas nombreux, mais au fil de la nouvelles, ils sortent de leur trou par dizaines, par centaines, par milliers, pour arriver à six millions de personnes. Une vraie émigration venue des entrailles de la Terre. Les gouvernements essayent de régler ce flux de nouveaux arrivants en créant d’abord des camps dans lesquels ils sont rassemblés, ensuite en les expatriant vers des pays qui ont assez de place pour les accueillir. On assiste à des drames en apprenant que certains peuples se sont battus contre ces encombrants « Trogs ». Mais ces derniers ne résistent pas aux virus qui nous sont familiers. Le dénouement est triste car les troglodytes disparaissent presque dans la plus grande indifférence, tué par le virus de la grippe. Une nouvelle qui caricature parfaitement une situation qui existe aujourd’hui, celle des réfugiés. - Le papillon de lune : Une nouvelle axée sur la symbolique
du masque. Sur Sirène le masque est de rigueur. Ne pas en porter un correspond
à mettre sa vie en danger. Le masque est à la fois le moyen de se définir sur
le plan social et en même temps un moyen d’exprimer ses états d’âmes. A travers
une enquête policière qui ne concerne que des étrangers à Sirène, on suit une
enquête policière qui est difficile à résoudre pour le personnage principal car
il ne peut voir le visage des différents suspects. Derrière un masque
correspondant à un papillon de lune, le héros doit retrouver un criminel. Il s’agit d’une des meilleures nouvelles de
Jack Vance. Une perle qui mérite à elle seule l'achat de ce recueil. - Le bruit : probablement la nouvelle la plus faible de ce recueil. Le lecteur lit un journal retraçant les voyages oniriques du personnage principal. Écrit à la première personne, cette nouvelle n’accroche pas vraiment l’attention du lecteur. Son seul point positif c’est de démontrer une fois de plus que Jack Vance n’est jamais à court d’imagination. De monde en monde il ballade le lecteur, mais sans vraiment le convaincre. - Le temple de Han : nous présente un voleur qui s’empare d’un joyau dans le temple de Han. Il va être confronté aux prêtres du temple qui ne veulent qu’une chose : mettre fin à sa vie. Le voleur rencontrera le vrai dieu qui est vénéré dans ce temple. A travers une sorte de joute, il va le défaire. Un texte agréable à lire, mais un héros qui manque de charisme. Voilà cinq nouvelles inégales qui datent des débuts de Jack Vance mais qui se laissent toujours lire avec un certain plaisir. Il est difficile de ne pas avoir envie de lire(ou relire) un roman de Vance après ce recueil. Il reste décidément un auteur incontournable par bon nombre d’amateurs de SF, dont je suis. A consommer sans modération. Et si ActuSF veut nous faire un deuxième tome, c’est avec grand plaisir que je le lirai. |
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