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    September 30

    Ubik - Philip K. Dick

    Je ne cache pas qu’en SF je me sens plus à l’aise avec du space opera. Ubik de Philip K. Dick sort donc de mon registre habituel. Le livre fait moins de 300 pages dans sa version 10/18. Et curieusement, j’ai terminé sa lecture avec le sentiment d’avoir lu une œuvre majeure en SF qui a laissé des traces. Aujourd'hui je comprend mieux les chroniques de Jacques Chambon et d’Epistolier sur le site du Cafard.
    http://www.noosfere.com/heberg/Le_ParaDick/articles/critiqueJC0671.html
    http://www.cafardcosmique.com/Ubik-de-Philip-K-DICK

    Ubik commence le 5 juin 1992, dans les bureaux de Runciter associates à New York. On apprend que Runciter dirige une agence principalement composée de psys (télépathes, précognitifs et neutraliseurs). Ce n’est pas à proprement parler une agence de détectives, mais l’agence a pour mission de protéger ses clients et contrer ses adversaires qui utiliseraient aussi des psys. Runciter est voeuf et va occasionnellement voir sa femme dans un moratorium, dans lequel elle « vie » en semi-vie. Elle est morte et congelée, mais son esprit peut être réveillé. Ce qui permet à Runciter d’établir une communication avec sa femme défunte. On découvrira plus tard que cette semi-vie est aussi dangereuse que la vie réelle. Runciter emploie aussi Joe Chip, qui est chargé de tester les psys. Ce dernier vit dans un conaps (appartement) où tout se paye. Ouvrir le frigo nécessite de la monnaie, ouvrir la porte de l’appartement ou prendre son bain nécessite aussi de la monnaie. Tout se paye dans ce curieux univers. Ce simple détail est risible car Dick n’a pas imaginé l’existence de cartes bancaires. Joe Chip sera en permanence confronté à des soucis d’argent.

    On est rapidement dans le vif du sujet quand on constate que Runciter a formé une équipe de psys chargés d’assurer la protection d’un client. Il se rend donc sur la Lune en compagnie de Joe Chip et de son équipe de psys. On est ici dans un thriller futuriste classique où on se dit qu’on comprend parfaitement l’univers mis en place par Dick. Mais voilà, les choses ne tournent pas aussi rond que prévu. Une explosion survient sur la Lune. Runciter est mort et Joe Chip qui le secondait reprend la direction de l’agence. Sans s’en rendre compte, Dick vient de nous faire basculer dans son univers. De retour sur Terre, les choses ne se passent pas normalement. Une partie de l’équipe meurt, Joe Chip est confronté à des problèmes de monnaie qui n’est plus reconnue, et l’univers autour de lui semble régresser. A ce stade on se demande ce qu’est Ubik. En tête de paragraphe on découvre des publicités qui vantent les mérites d’Ubik. Un produit miracle qui sert pratiquement à tout. Et on se dit : mais quel est le lien entre Ubik et l’histoire ? Et lentement Ubik est de plus en plus présent dans l’histoire.

    Joe Chip découvre de mystérieux messages qui lui sont directement adressés. Ils sont en rapport avec Ubik (par exemple sur des étiquettes de produits) et semblent provenir de Runciter. Pour perturber un peu plus le lecteur, Joe Chip découvre les messages suivants :

    « Sautez dans l'urinoir pour y chercher de l'or.
    Je suis vivant et vous êtes morts. »

    « Plongez dans la baignoire pour voir d'où vient le vent.
    Vous étes tous morts, je suis vivant. »

    Dick nous déstabilise complètement et on continue de suivre Joe Chip, qui n’est pas vraiment un héros, mais plutôt le personnage malheureux sur qui le sort s’acharne. Joe va chercher à savoir pourquoi les choses régressent et pourquoi des membres de l’équipent meurent les uns après les autres. Il va essayer d’acheter de l’Ubik, mais à chaque fois il y aura un détail qui l’empêchera d’en avoir. Quand Joe pensera avoir compris qui est l’ennemi qui se cache derrière tout cela, il découvrira qu’il s’était trompé et que l’histoire est bien plus compliquée que prévue. Joe Chip doute et le lecteeur aussi. Est-on dans la vie réelle ou dans la semi-vie ? Et Joe Chip admet difficilement que Runciter a raison et que pour se sauver et contrer l'ennemi il a besoin d’Ubik.

    Comme lecteur, on se demande à plusieurs reprises si on est dans la réalité où la semi-vie d’un des personnages. Dick ne nous cache pas la vérité, mais il nous fait systématiquement douter par de nouvelles révélations. Et jusqu’à la dernière page du livre, Dick jour avec nos nerfs ! Il nous a tenu en halène pendant près de trois cents pages et nous a induit volontairement en erreur à plusieurs reprises. Mais quand on arrive à la fin de ce livre, on ne peut dire qu’une chose : c’est un chef d’œuvre de la SF.

    Je ne suis pas sorti intact de la lecture d’Ubik. Le moins que je puisse faire pour ce livre, c’est qu’il trouve sa place dans ma B.I. Et il le mérite vraiment !

    Un nouveau site sur Philip K. Dick mérite d'être mentionné :
    http://www.dickien.fr

    La cité du gouffre - Alastair Reynolds

    Après avoir lu L'espace de la révélation j'étais près à lire un autre pavé d'Alastair Reynolds. Le premier livre m'avait fait découvrir un univers original limité dans les voyage spatiaux par la vitesse de la lumière. J'ai donc découvert Tanner Mirabel, tueur d'élite, garde du corp, dans une course poursuite qui commence sur Sky' Edge, puis continue 15 ans plus tard à Chasm City où la pourriture fondante a fait des ravages depuis 7 ans. Et c'est là que Reynolds nous décrit une ville baroque qui deviendra rapidement le terrain de chasse principal. Et on suit Tanner en se disant que c'est le chasseur, et en se rendant compte qu'il devient aussi la proie d'autres chasseurs. Le livre bien que très gros se dévore à vitesse grand V.

    Je me suis demandé pourquoi on suit l'histoire de Sky Haussman qui se déroule plusieurs siècles plus tôt lors de la colonisation. Mais là encore Reynold surprend le lecteur en créant des passerelles entre le passé et le présent. Et au fil des pages on devine que... Bien sûr Reynolds joue sur un élément connu de bon nombre d'auteurs : la perte de mémoire partielle de son personnage principal. Au fur et à mesure qu'on l'a découvre, on ne peut s'empêcher de penser qu'il a changé, qu'il n'est plus le même, qu'il s'est améliorer pour en arriver où il est.

    C'est du très bon Reynolds. C'est beaucoup mieux que L'espace de la révélation qui nous faisait découvrir cet univers. Heureusement, Reynolds a pensé à nous donner d'autres livres se passant dans le même univers. Vraiment à conseiller à tout amateur de NSO et de hard science. Cela se lit comme un bon thiller futuriste, où les pages défilent à toute allure.

    La cité du gouffre

    Réalité partagée, artefacts, Les faucheurs - Nancy Kress

    je viens de lire d'une traite la trilogie de Nancy Kress sortie chez Pocket. C'est du space opéra classique, de bonne facture.

    Avec réalité partagée on suit une mission d'exploration sur Monde. Les mondiens connaissent la réalité partagée. J'ai mis une centaine de pages à comprendre de quoi il s'agissait. Autour de Monde se trouve une lune qui est en fait un artefact que les terriens veulent ramené via les tunnels spatiaux. Malheureusement l'artefact sera détruit par les faucheurs, les ennemis des terriens (et de toute la galaxie devrait-on dire). Le langage fleuri des mondiens ne m'a pas particulièrement emballé, mais en dehors de ça, Nancy Kress a écrit une histoire qui tient la route.

    Artefacts se situe quelques années plus tard avec une deuxième expédition. Certains membres de la première expédition sont également présents. Le but est de déterré de Monde un second artefact et de le ramené dans notre système solaire. Cet épisode est moins focalisé sur Monde. Les personnages sont mieux développés et on commence à comprendre qui sont les faucheurs. Le langage fleuri a laissé la place à des descriptions plus techniques. On est en plein hard science et Nancy Kress se répète souvent pour nous expliquer comment l'artefact foncionne. Du moins comment les scientifiques pensent qu'il fonctionne. Ce deuxième opus est plus plaisant à lire que le premier.

    Les faucheurs ne m'a pas emballé dans sa première moitié. L'histoire se passe quelques années plus tard, avec un bref retour sur Monde. En fait, de faucheur, on n'en rencontre pas un seul en chair et en os. Mais on sait maintenant que les faucheurs ont aussi un artefact qui a les mêmes propriétés que celui des terriens. Sur sa dernière position, l'artefact est une arme qui pourrait détruire l'espace-temps. Enfin, c'est ce que les scientifiques disent ! Nancy Kress à reçu le John W Campbell award pour ce livre. Personnellement j'ai aimé moyennement cette histoire.

    Il y a une question que je me suis posé et qui n'a jamais trouvé sa réponse dans la trilogie. Le premier artefact a été détruit et ressemblait à une lune vu de Monde. Il a été détruit. Curieusement le second artfact n'avait que 25 mètres de diamètre et représentait une arme ultime, difficile à détruire. On peut se dire que si à proximité de Monde il y avait deux artefacts, que dans ce cas les faucheurs en ont plus d'un aussi. Et bien non, les faucheurs sont fauchés. Ils n'ont qu'un seul "bidule" alors que la galaxie devrait en regorger plusieurs. Bizarre.

    La conclusion de cette trilogie est originale, même si elle ne surprend pas vraiment le lecteur qui retrouve une SF classique. Disons que c'est un bon moment de lecture bien écrit. J'accorderais une bonne note à cette trilogie SF, et je serais prêts à lire d'autres livres de Nancy Kress si ils sont du même niveau. Mais en finalité je dirai que c'est inférieur à Banks, Hamilton ou Reynolds.



    jusqu'au coeur du soleil - David Brin

    Je viens de terminé le premier tome de la série Elevation de David Brin. Je dois reconnaître que j'ai un peu peiné pour terminer ce livre car il ne m'emballait pas trop. Je m'explique.
    L'idée d'avoir une bibliothèque galactique et des races qui sont soit patron soit Client est excellente. Le problème pour l'humanité, c'est qu'elle risque d'être redevable pendant des millénaires à la race qui jouera le rôle de professeur, si elle accepte de rentrer dans ce jeu.

    Les expéditions dans la couronne solaire, à la recherche des magnétovores, sont en fait un prétexte à une intrigue policière qui se passe sur un vaisseau solaire. Une sorte de huis-clos sur un vaisseau d'une vintaine de mètres de diamètres dans lequel se trouvent des humains, mais aussi des extraterrestres. Si le côté scientifique est très pasionnant, l'intrigue l'est moins car David Brin n'arrive pas à convaincre. Son personnage principal découvre la vérité aussi facilement qu'Hercule Poirot ou l'inspecteur Maigret, sauf qu'aucun élément n'est donné au lecteur. Le lecteur doit accepter les théories du héros. Un peu grossier comme ficelle.

    Le hasard fait qu'après avoir terminé le livre, j'ai lu l'article Le moteur des éruptions solaires dans le numéro de juillet de Pour la science où on explique que les eruptions solaires sont dues à des reconnexions magnétiques. On constate alors que David Brin s'est attelé à résoudre les problèmes d'évacuation de la chaleur dans le vaisseau solaire, mais pas les problèmes gravitationnels et magnétiques, qui risquent fort de ne pas autoriser ce genre de promenade même dans un avenir gouverné par des races anciennes. Comme quoi, même un livre comme Jusqu'au coeur du soleil aurait besoin d'une petite mise à jour scientifique.

    Reste que c'est le premier livre du cycle et peut-être le moins bon. Entretemps j'ai emboité le pas sur Mission stellaire

    Jusqu'au coeur du soleil

    La veillée de Newton - Ken MacLeod

    La veillée de Newton de Ken MacLeod vient de paraître chez Bragelonne.

    Au 24ème siècle Lucinda Carlyle et son commando se retrouve sur Eurydice. Elle a emprunté le réseau de portails dirigés par son clan. Eurydice a été peuplé par des humains qui ont fuit le ravissement funèbre trois siècles plus tôt sur Terre. Sur cette planète se trouve un artefact d’un kilomètre de haut créé par les IA, que les Carlyles veulent s'approprier (c’est ce qu’on appelle l’archéologie de combat). Le problème, c'est qu'en franchissant le portail, Lucinda a réveillé des IA qui dormaient depuis trois siècles et étaient à l'origine de la guerre et de l'exode d'une partie de l’humanité. Elle est faite prisonnière par les eurydiciens. Voilà le point de départ du livre.

    Sans aller plus loin, on pourrait dire que cela commence très bien. Ken MacLeod nous présente différentes factions qui ont survécues au ravissement funèbre (des américains, des européens et des japonais, mais aussi les Carlyles plus considérés comme un clan de forbans). Les humains ont colonisés une partie de la galaxie et utilisent des portails pour se rendre d’un monde à l’autre, ou des trous de verre avec des vaisseaux spatiaux. Eurydice est une civilisation découverte par les Carlyles.

    Dans ce monde futuriste la mort n’est pas vraiment la mort. Une personne meurt et la copie de sa personnalité est réintégrée dans un nouveau corps. Donc des entités peuvent avoir plusieurs siècles d’existence.

    MacLeod se perd à faire référence au XXème et XXIème siècles. A croire que pendant les 3 siècles qui suivent, il ne s’est rien passé en dehors de l’expansion de l’humanité. Il nous parle de pièce de théâtre dont les personnages sont des communistes du XXème siècle. Reste l’intrigue de l’artefact qui est l’objet de convoitise des différents protagonistes. Cela ne 'étonnerait pas qu'un jour on donne une suite à ce livre.

    J’attendais beaucoup de ce livre, surtout après avoir lu La division Cassini. Si il a bien commencé sur les chapeaux des roues, j'ai dû me forcer pour le terminer. Finalement c’est un livre de SF moyen.

    La Veillee de Newton

    Prélude aux neuf princes d'Ambre - John Gregory Betancourt

    Je viens de terminer la trilogie Prélude aux neuf princes d'Ambre de John Gregory Betancourt éditée par Folio. Elle comprend les livres suivants :

    - Les neuf princes du chaos
    - Ambre et Chaos
    - La naissance d'Ambre


    Avant de la lire, j'avais des préjugés sur le fait qu'on sorte un prélude à un cycle important de la fantasy. Mais en oubliant que ce n'était pas écrit par Roger Zelazny, je me suis laisser tenté et j'ai lu trois livres pas très épais (entre 350 et 400 pages chacun), qui ne forment qu'une seule histoire. La trilogie nous fait découvrir Obéron, le père des neuf princes d'Ambre. Le départ de l'histoire démarre en trombe et on est rapidement emporté dans des intrigues dont Obéron n'a aucune idée des enjeux. Il découvre dès le départ que sont oncle Dworkin est en fait son père, et que ce dernier lui a caché qu'il avait d'autres frères et soeur disséminés dans les ombres.

    - Les neuf princes du chaos nous permet de découvrir la famille d'Oberon, de mieux connaitre Dworkin son père (bien que Dworkin reste un mystère). Dès le départ Obéron est la cible de mystérieux ennemis du chaos. Il découvre petit à petit sa vraie nature.

    - Ambre et chaos amène Obéron dans les cours du Chaos. Comme il n'est pas comme ses frères et soeurs, il éprouves des problèmes à vivre dans celles-ci. Il découvrira rapidement qu'il porte en lui un autre schéma que celui du Logrus, qu'il ne sait pas utiliser.

    - La naissance d'Ambre va enfin nous faire découvrir l'ombre qui va devenir Ambre. Ombre utilisant un nouveau schéma qui ne plait pas aux seigneurs du Chaos, et dans laquelle Obéron se sent plus puissant que jamais. Il en deviendra le roi légitime.

    Dès le début du premier livre, je me suis demandé si on parlerait d'Atouts, de Marelle et d'Ambre. Les atouts font rapidement leur apparitions et sont bien expliqués par l'auteur. La Marelle n'est jamais citée dans la trilogie. On devine que le schéma est la Marelle. Quand à Ambre, le nom n'apparait pas avant la page 194 du troisième tome. Mais on devine que l'ombre dans laquelle on se trouve est Ambre.

    Dworkin reste le personnage le plus mystérieux de ce cycle. Il est très souvent enfermé dans son laboratoire en train de faire des recherches. Il ne divulgue jamais tout ce qu'il sait, ce qui le rend parfois suspect aux yeux de ses enfants. C'est lui qui dessinera le schéma d'Ambre (mais ça on le savait déjà dans le cycle d'origine). Les frères et soeurs d'Obéron vont et viennent dans cette trilogie. Ils agissent pour le bien de la famille, mais aussi pour leurs intérêts personnels. Il faudra attendre la fin de la trilogie pour découvrir qui se cache derrière une bonne partie des intrigues. Lord Zon ou les Fenn restent des énigmes pour le lecteur. Sans doute Betancourt les exploitera t-il plus dans la trilogie suivante. En tout cas l'histoire ne se limite pas uniquement à Ambre et au Chaos.

    Sans égaler Roger Zelazny, l'auteur arrive à nous replonger dans l'ambiance et les intrigues des dix tomes précédents. Il y a beaucoup de similitudes entres Obéron et Corwin et les enjeux sont énormes pour celui qui va devenir roi d'Ambre. Si la trilogie se termine bien sur un dénouement logique, on devine qu'une suite est nécessaire pour expliquer comment sont nés les neuf princes d'Ambre. Tout comme on ne sait pas encore qui sera la reine d'Ambre. On peut donc s'attendre à une seconde trilogie qui fera la passerelle entre Prélude aux neufs princes d'Ambre et Les neuf princes d'Ambre. Pour l'instant, Shadows of Amber et Sword of Chaos n'ont pas encore été traduits, mais cela ne devrait pas tarder.

    J'ajouterai une chose : il n'est pas nécéssaire d'avoir lu le cycle précédent pour lire celui-ci, mais il est résolument écrit pour ceux qui l'ont lu. Donc, c'est préférable de déjà connaître l'univers d'Ambre à travers les dix tomes écrits par Roger Zelazny ou à travers le très beau livre illustré L'univers d'Ambre de Roger Zelazny, Florence Magnin et François Nedelec

    Dans l'ensemble une bonne trilogie dans l'esprit de Roger Zelazny qu'il faut lire jusqu'au bout pour la savourer. A conseiller aux nostalgiques d'Ambre Very Happy


    Mission Basilic - David Weber

    J'ai lu a sorti le premier volume des aventures d'Honor Harrington. Cycle qui en est à neuf chez L'Atalante et qui en contient réellemnt une douzaine avec les nouvelles qui sont regroupées par David Weber.

    Personnellement c'est un de mes cycles préférés depuis plusieurs années, mais c'est parce que j'aime d'abord ce qui touche à la période napoléonienne et les aventures d'Horatio Hornblower de C.S. Forester, les aventures de Jack Aubrey de Patrick O'Brian ou dans une moindre mesure celles de Richard Bolitho de Alexander Kent. En fait David Weber a transposé les aventures maritimes de l'époque napoléonienne dans un futur lointain. L'Angleterre est devenue Manticore tandis la France est devenue la république de Havre. Honor Harrington a curieusement les mêmes initiales que Horatio Hornblower.

    Honor Harrington. vient d'être promue commandant d'un croiseur qui doit assurer la sécurité d'un système solaire éloigné (Basilic) dans lequel se trouve un noeud de transit hyperspatial. Ce qui pourrait passer pour une banale mission de routine va se transformer en véritable gageur quand on découvrira que les havriens ont déjà sur place un navire de guerre beaucoup plus gros que celui d'Honor Harrington déguisé en cargo. C'est David contre Goliath. Ce premier roman présente les différents personnages du cycle, et nous met directement au coeur de batailles spatiales. C'est tout juste un hors-d'oeuvre par rapport à ce qui suit. On pourrait penser que l'aspect psychologique est délaissé au profit de l'aspect guerrier. Il n'en est rien. Les caractères des personnages principaux vont se développer au fil du cycle. Il est dommage que David Weber nous parle un peu trop du chat de Honor Harrington (et cela ne s'arrangera pas par la suite).

    Contrairement à ce que dit le quatrième de couverture, il n'y a pas de comparaison à Heinlein ou à Lois McMaster, mais plutôt aux cycles cités plus haut. On est plus proche d'auteurs comme E.E. doc Smith, Edmond Hamilton ou Jack Williamson, mais sur un ton plus moderne. Dans ce cycle on est presque en permanence sur la passerelle des vaisseaux de guerre et dans le siège de commandant ou d'amiral commandant une flotte.

    Pour moi c'est de la bonne SF militaire (en train de devenir une série télévisée) qui mérite de s'y intéresser si on recherche de la stratégie, de la tactique et des scènes de combats spatiaux. Bien que suivant le cycle en grand format, j'ai décidé de relire celui-ci en poche.

    Crépuscule d'acier - Charles Stross

    Voilà un space opéra peu banal dans le sens où on ne se contente pas de voyager dans l'espace mais aussi dans le temps. L'histoire se passe dans 5 siècles dans la nouvelle république qui a des allures d'ancien bloc de l'est. L'histoire est originale dans le sens où Charles Stross décide d'aborder les problèmes de causalité liés aux voyages dans le temps. La flotte de guerre dont le croiseur Sire Vanek est le vaisseau amiral se déplace à la fois dans l'espace et le temps pour semer ses ennemis et approcher par surprise. Mais c'est sans compter sur le festival, une civilisation qui apporte sont lot de nouveautés technologiques là où il passe, et c'est sans compter sur l'Eschaton qui joue le rôle de policier temporel. On suit à la fois la révolution sur la planète Rochard et en même temps le Sire Vanek sur lequel deux espions ont un rôle important à jouer.

    Un space opéra de bonne facture, qui normalement devrait voir une suite dans le même univers (qui existe en anglais) et peut-être même un troisième volume.
    Un très bon Charles Stross qui se laisse lire.

    Isolation - Greg Egan

     
    Je viens de terminer Isolation de Greg Egan sorti en livre de poche. Si je me suis forcé à le terminer, c'est pour pouvoir donner un avis dessus. Je n'ai pas aimé, mais alors pas du tout Mad Je dirai même plus, le livre ne restera pas longtemps dans ma bibliothèque. Je suis tellement déçu par ce livre que je ne veux même plus m'intéresser à Axiomatique ! (là je dis une bêtise car j'ai acheté Axiomatique).

    Au début ça commence comme un thriller où le personnage principal est censé retrouver la trace d'une femme qui a disparu d'un asile. Puis on nous parle de la bulle qui entoure le système solaire et empêche de voir les autres étoiles de la galaxie. Mais une sonde peut franchir cette bulle sans problème. Jusque là c'est toujours bien. Ca s'améliore quand on aborde le chat de Schrodinger et la physique quantique.

    Mais après 100 pages, Egan décide de nous parler de mod (programme qu'on peut implanter dans le cerveau), et les 200 pages suivantes se passe dans la cervelle du personnage principal. Le héros doute d'un mod qu'on lui a implanté qui le rend fidèle à une entreprise. Et pendant 200 pages il nous bassine avec ses doutes. La fin de l'histoire part un peu en eau de boudin. A la limite on ne s'intéresse pas à ce qui arrive à New Hong-Kong. A mon avis, Egan a fumé la moquette avant d'écrire ce livre. Et si c'est ça son meilleur livre, alors je me passerai volontiers des autres.

    Ce livre convient peut-être à quelqu'un qui aime du Dick, mais certainement pas à quelqu'un qui aime du Hamilton ou du Banks. De plus, Hamilton s'en tire largement mieux dans la nano-technologie décrite dans son cycle L'aube de la nuit.

    Si vous êtes un fan de Dick, ce livre est pour vous. Si vous aimez le cyberpunk, ce livre est pour vous. Si vous aimez la physique quantique, achetez-vous un livre de vulgarisation scientifique ou le dernier science et avenir consacré au chat de Schrödinger. Si vous aimez les espaces intergalactiques et l'aventure, passez votre chemin. Mad

    J'espère avoir une vue plus positive de Greg Egan en lisant prochainement le premier tome de ces nouvelles :
    Axiomatique.



    Les cendres de la victoire - David Weber

    es cendres de la victoire de David Weber. Sorti chez L'Atalante en deux tomes de plus de 400 pages. Il s'agit du neuvième livre dans le cycle Honor Harrington

    Pour une fois je parle du dernier Honor Harrintgon alors que nos amis d'actuSF ont chroniqué le livre précédent (le huitième et pas le dixième comme indiqué).
    http://www.actusf.com/php/modify.php?articleID=3473

    Le livre précédent La disparue de l'enfer nous avait appris que Honor Harrington s'était évadée de la planète prison située dans le système Cerbère, au coeur de la république de Havre. Elle s'est échappée, emmenant avec elle plus de quatre cents mille personnes.

    Comme elle avait étée torturée par les havriens, elle avait perdu l'usage d'une partie de son visage, d'un oeil et d'un bras (qui était déjà des prothèses). On pourrait penser que le dernier livre parle de la longue convalescence de Honor Harrington. Mais le livre ne s'arrête pas là. Le royaume de Manticore comme la république populaire de Havre ont arrêté momentanément leur progression et fourbissent leurs armes en vue d'une prochaine offensive. On suit donc les préparatifs de guerre des deux côtés, tout comme les intrigues politiques qui risquent de déstabiliser les différents gouvernements.

    Honor Harrington est devenue duchesse de Manticore, et a enfin le grade d'amiral manticorien qu'elle avait déjà dans la flotte graysonienne. Elle dirige l'école militaire de Saganami et donne des conférences sur la tactique et la stratégie.

    David Weber ne pouvait pas se contenter de rester focaliser sur son héroïne. Il nous montre les préparatifs de guerre, puis nous emmène dans de nouvelles batailles, qui cette fois-ci représentent un tournant important dans le conflit entre l'alliance manticorienne et la république populaire de Havre. Il ajoute a cela une intrigue secondaire où Honor Harrington doit agir très rapidement, sans quoi l'alliance manticorienne pourrait très bien se trouver décapitée pour de bon.

    Un bon livre dans son ensemble, avec certaine longueur qui deviennent fréquente chez David Weber. Un chapitre entier sur la manière d'apprendre le langage des signes à Nimitz, le chat de Honor Harrington, c'est le genre de digression auquel on doit toujours s'attendre en lisant ce cycle. Par contre le chapitre 23 qui parle de tactique et stratégie est parfaitement valable pour toutes les armées du monde à notre époque.

    Un livre qui s'achève sur une sorte de cliffhanger qui nous donne envie de connaitre la suite (War of Honor). Un livre pour les habitués du cycle (qui ne peut pas se lire sans avoir lu les précédents).
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    L'univers en folie - Fredric Brown

    L'univers en folie - Fredric Brown (Folio 108)



    J'avais envie de lire une SF un peu moins sérieuse, plus proche des pulps américains. Mais je n'avais pas d'auteur particulier en tête. Le hasard fait que sur le forum de ActuSF un thread parlait des livres audio, et que le lien qui s'y trouvait proposait un extrait audio d'un livre de Fredric Brown : Martiens, go home !. Je me suis dit : pourquoi pas? J'ai finalement lu en parallèle L'univers en folie, et Martiens, go home !. Avec une nette préférence pour "L'univers..." qui donne l'impression de se retrouver dans une SF où les extraterrestres ont des yeux globuleux et des tentacules et où les filles sont en shorts et soutiens tout droit sorties des couvertures des pulps américains. Sans parler de cette ambiance de vieux polars saupoudrer de quatrième dimension. J'ai donc adoré et dévoré ce roman.

    Mais qu'est-ce qui peut vous arriver quand vous êtes le rédacteur d'un magazine de SF, que vous êtes amoureux d'une rédactrice d'un magazine sentimental, et qu'un soir vous attendez sur un banc l'éclair de lumière provoqué par l'explosion d'une fusée qui doit s'écraser sur la Lune? C'est ce qui va arrivé à Keith Winston le 10 juin 1954. Winston se retrouve sur une autre Terre dans un univers parallèle, où il est rapidement pris pour un espion arcturien. L'humanité connait le voyage hyperspatial grâce à des bidouillages faits sur des machines à coudre ! La Terre est en guerre contre les arcturiens et est menacée de destruction si une parade n'est pas trouvée à leur arme de destruction. Et Keith Winston va se retrouver au milieu de ce conflit. La chute de l'histoire est vraiment originale et n'est pas tout à fait ce qu'on imaginait.

    Ce livre est un classique de la SF qui n'a pas pris une ride. Dans un style très fluide sur un peu plus de 290 pages, il m'a vraiment emballé. Je n'ai pas vu le temps passer en le lisant, à tel point que quand je l'avais terminé j'avais un gout de trop peu. Maintenant j'envisage de lire les nouvelles écrites par Fredric Brown et aussi un ou deux de ses polars.

    Si j'ai un souhait à faire, c'est que L'univers en folie, et Martiens, go home ! sortent un jour en un seul volume (si Gilles Dumay m'entend...).
    Vraiment à conseiller aux nostalgiques de l'âge d'or de la SF. Et à coup sûr un classique qui vaut le détour.

    Diamond dogs, Turquoise Days - Alastair Reynolds

    Voilà deux nouvelles qui viennent de paraître récemment en format de poche et qui font suite à L'espace de la révélation et La cité du gouffre. Encore une fois on retrouve l'univers familier de Reynolds mais cette fois-ci ce n'est plus dans un marathon de 800 ou 900 pages mais plutôt dans un sprint de 150 pages par histoire.

    Diamond Dogs porte bien son titre. Mais avant d'entendre parler de chien de diamant, il faut presque attendre la fin de la nouvelle pour savoir de quoi il s'agit. Cela saute au yeux rapidement, bien qu'on soit captivé par l'équipe de téméraires qui ont décidé d'explorer la Flèche, un artefact de 250 mètres de haut. Après avoir posé le décor qui nous est familier, l'auteur nous entraine dans une exploration qui ressemble étrangement au film Cube. Mais cette ressemblance s'arrête là. Dans chaque salle visitée, il y a une énigme mathématique à résoudre pour pouvoir accéder à la suivante. Si la réponse qui est fournie est mauvaise, elle génère automatiquement une punition qui blesse ou tue un des membres de l'équipe. Heureusement ils disposent d'une nano-technologie suffisamment évoluée (d'avant la pourriture fondante) et surtout d'un chirurgien hors paire qui peut faire des miracles sur les rescapés. Ce qui leur permet, après réparation, de retourner dans l'artefact. Sans dévoiler la fin de l'histoire, on est plus intrigué par la manière de résoudre les problèmes, que par l'objectif final à atteindre. La nouvelle s'achève sur une phrase qui laisse présager que l'exploration n'est pas finie. J'ai trouvé que c'était une excellente nouvelle, et que 100 ou 200 pages de plus auraient été les bienvenues.

    Avec Turquoise Days, nous retrouvons les Mystifs déjà entrevus dans L'espace de la révélation. On suit deux soeurs qui étudient les organismes marins, et en particulier les Mystifs. L'une des deux disparaitra dans l'océan, diluée dans cette mémoire collective contenue dans l'océan. Jusque là, rien de très spécial, si ce n'est que cela arrive au moment où un gobe-lumen arrive dans le système solaire, et qu'il est encore à deux années de navigation. Deux ans s'écoulent, et les Ultras arrivent sur Turquoise. A partir de ce moment-là l'histoire démarre vraiment et prend une tournure inattendue pour le lecteur. J'aurais tendance à dire que cette nouvelle est moins captivante que la première. Néanmoins elle nous surprend dans sa phase finale.

    C'est du bon Alastair Reynolds. Il laisse un goût de trop peu. Je pense que Pocket aurait dû sortir toutes les nouvelles de l'auteur en un seul gros volume. C'est la première critique que je formulerai par rapport à cette édition. La seconde, c'est que pas mal de coquilles se sont glissées dans le texte français. Je pense qu'on aurait dû vérifier le texte avant de l'imprimer. En dehors de ça, c'est du très bon Alastair Reynolds qui peut se lire indépendamment des deux livres précédents. Bien sûr on comprend mieux les choses en ayant lu ces livres avant.

    Révolte sur la Lune - Robert A. Heinlein

    Je continue ma lecture de classiques SF que j'ai volontairement laissés au fond de ma bibliothèque au fil du temps. Et pour le centième anniversaire de la naissance de Robert A. Heinlein, j'ai décidé de lire Révolte sur la Lune ce classique de la SF se justifie pleinement.



    "Voici l'histoire d'une révolution". C'est par quoi commence le 4ème de couverture de l'édition Terre de Brume de ce classique de la science-fiction écrit par Robert Heinlein en 1966. Le livre a obtenu le prix Hugo l’année suivante. Cela aurait pu être la révolution de n'importe quelle nation sur Terre, mais aussi de n'importe quelle civilisation dans l'univers.

    Je signale que le livre a été chroniqué par Magda Dorner sur ActuSF.
    http://www.actusf.com/spip/?article1524

    A travers un personnage très attachant, Manuel Garcia O'Kelly (plus familièrement appelé Mannie ou Man) qui est technicien en informatique, on découvre comment un peuple va se libérer du joug des Nations Fédérées qui se trouvent sur Terre. Mannie est monsieur tout le monde. Mais le jour où il va réparer l’ordinateur de l’autorité lunaire, il va se rendre compte que celui-ci a une conscience, s‘appelle Mike, et fera de lui son meilleur ami. Mike est comme un grand enfant un peu naïf, qui possède des ressources exceptionnelles, qu’il mettra au service de son ami humain. Au fil du temps son intelligence se développe au point de la confondre réellement avec celle d’un humain. On peut se demander ce qui se serait passé si Mike avait été mauvais. Mais pour le bien de l’histoire, Heinlein nous montre une image très humaine d’un ordinateur.

    En 2075 la Lune possède 3 millions de ressortissants appelés "lunatiques", principalement composé des déportés que la Terre n'a plus voulu, puis de leurs descendants. Six villes (ou terriers devrait-on dire) rassemblent cette population composée à deux tiers par des hommes et un tiers par des femmes. Les familles ne sont plus composées par de simples couples.

    La lune abrite en sous-sol de grandes exploitations agraires qui exportent leur production vers la Terre. Une autorité terrienne contrôle cette population en même temps que les échanges commerciaux. Et la population est de plus en plus exploitée par les terriens qui ne voient en eux que des travailleurs qui n’ont pas droit à la parole (presque des esclaves). La colère gronde et un mouvement de révolte s’organise, surtout que les ressources de la Lune ne sont pas inépuisables et qu’un avenir catastrophique se profile si rien ne change. C’est dans ce contexte que Mannie se retrouve par hasard, en compagnie de la jolie Wyoming et du professeur de La Paz, dans une réunion politique clandestine. A trois, avec l’aide de Mike, ils vont mettre en place un réseau qui va bouleverser l’avenir de la Lune. Heinlein nous décrit minutieusement comment un réseau de résistants va se mettre en place. A travers les yeux de Mannie, on voit la résistance neutraliser l’autorité et prendre le contrôle de la Lune. Et on ne peut pas s’empêcher de donner raison aux insurgés.

    Mais les choses ne s’arrêtent pas là. Mannie et le professeur sont envoyés sur Terre comme émissaires de la nouvelle nation. Leur mission est de convaincre les peuples de la Terre que la Lune a droit à son indépendance et est une nation à part entière. C’est ici qu’on constate que les médias et les politiques perçoivent les choses différemment et ne voient en la Lune qu’une colonie qui doit continuer à produire les aliments que la Terre consommera. Malheureusement pour nos héros, les choses ne tournent pas aussi rond que prévu. Et quand ils retournent sur la Lune, c’est pour se préparer à faire la guerre. Mais comment faire la guerre quand on n’a pas d’arme et pas de vaisseaux ?

    Heureusement Heinlein va nous raconter une fin héroïque qui ne sera pas sans sacrifices de part et d’autres. Du très grand Heinlein, qui se lit avec beaucoup de plaisir et qui n’a pas pris une ride quatre décennies plus tard. J'avais beaucoup aimé Une porte sur l'été, mais j'ai encore plus adoré Révolte sur la Lune

    Ta-Shima - Adriana Lorusso

    Je viens de terminer Ta-Shima d’Adriana Lorusso (Bragelonne), et le moins que je puisse dire, c’est que je suis un peu déçu du livre. Ce n’est pas du tout ce que j’attendais d’un livre de SF. Le livre est bien écrit mais cela ne suffit pas. J’aurais presque envie de dire que si on remplace le vaisseau de la fédération par un galion, et Ta-Shima par le Japon, on est presque  dans une histoire de fantasy où il ne se passe pas grand-chose. Je me suis demandé si le premier jet de ce roman n'était pas un roman historique qui aurait été modifié pour en faire un livre de SF.

    On découvre Lara l’héroïne principale quand elle est adolescente. L’auteur alterne les chapitres en nous la présentant adulte sous le nom de Suvaïdar. Elle est médecin et a quitté Ta-Shima. Cette alternance passé/présent dure plus de 200 pages. A première vue l’héroïne semble intéressante, surtout au moment où trois Ta-Shimoda lui demandent de revenir sur sa planète d’origine car la reine a été tuée. On croit là avoir une intrigue intéressante à démêler, mais ce n’est pas le cas. Suvaïdar va passer plusieurs semaines à bord d’un vaisseau en compagnie du nouvel ambassadeur de la fédération qui va s’installer sur Ta-Shima. On assiste aux frictions entre les humains et les Ta-Shimoda, et surtout à l’incompréhension de la fédération vis-à-vis de Ta-Shima. En fait Ta-Shima est une planète colonisée huit siècles plus tôt par la fédération. Sa population est de trois millions d’habitants : la caste dirigeante Shiro, et les Asix qui travaillent pour ces derniers. Cet univers ressemble étrangement au Japon moyenâgeux avec la seule différence que les Ta-Shimoda font des recherches génétiques dans le plus grand secret.

    On distingue deux secrets dans ce livre : pourquoi la fédération ne parvient pas à s’y implanter, et quelle est l’origine des Shiro et des Asix. Pour ce deuxième secret le lecteur devra lire 450 pages tout de même. Mais quand on découvre ces secrets, on se dit : c’est juste ça ! En tout cas je ne divulguerai pas ces deux secrets qui expliquent le pourquoi des choses.

    Ta-Shima c’est un peu le bled au fin fond de la galaxie dans lequel on n’a pas envie de s’y rendre. Le climat n’est pas sympa, pas plus que la population qui n’apprécie pas la présence de la fédération. A titre d’exemple, après un an passé sur ce monde, l’ambassadeur n’a toujours pas pu visiter la planète. Il est cantonné à une partie bien précise de ce monde. En tant que lecteur je n’ai pas accroché à ce peuple refermé sur lui-même qui refuse la présence de tout étranger. J’ai trouvé ce monde froid, comme peut parfois l’être le japon du passé. Tout passe par un code de l’honneur, et les personnages sont aussi froids que leur monde. Cela manque de vie, et surtout cela manque d’intrigue.

    Au fur et à mesure que je lisais ce livre, il me faisait penser à [b]Gai-Jin[/b] de James Clavell, pavé de plus de 1200 pages sorti en 1994 qui racontait l’histoire des premiers européens qui débarquaient au Japon. Dans le même cycle on trouve "Shogun". C’est aussi pourquoi je surnomme Ta-Shima : « Gai-Jin dans l’espace ».

    Reste la confrontation, humains de la fédération avec les Ta-Shimoda. D’abord je cherchais à faire un parallèle avec certains livres de Ursula K. Le Guin, mais je me suis ravisé. Une trilogie m’a sautée au yeux immédiatement, c’est le cycle [b]Probabilité[/b] de Nancy Kress, qui comprend :"Réalité partagée", "Artefacts", "Les Faucheurs" (voir : http://www.actusf.com/forum/viewtopic.php?t=428 ). Les relations entre les terriens et les mondiens sont beaucoup plus intéressantes, et en plus on bénéficie d’une intrigue de grande envergure qui met la Terre en danger.

    En fait l’intrigue de Ta-Shima est minime au profit de l'ambiance et de la description ethnologique de ce monde. Le livre fait tout de même presque 600 pages. C’est long et c’est lent. En fait ce livre ne tient pas ses promesses, et je ne suis pas le seul à le penser (voir lien). J'ai dû me forcer pour le terminer. Je suis certain d'une chose, c'est que  je ne lirai pas la suite.
    http://www.cafardcosmique.com/Ta-Shima-de-Adriana-LORUSSO)

    Ta-Shima plaira davantage à un lecteur de fantasy (comme c'est souvent le cas chez Bragelonne).